
Après le Burundi, c’est l’Afrique du Sud qui annonce son retrait de la CPI. Un coup dur pour l’instance internationale, mais une nouvelle qui n’étonne pas vraiment, tant cette Cour est de plus en plus contestée sur le continent africain. Assiste-t-on à une vague de résignation ?
Après le Burundi et l’Afrique du Sud à qui le tour ?
C’est la question que doit probablement se poser la Cour pénale internationale – CPI, qui vit actuellement des moments difficiles. Voyant en l’espace d’une semaine deux pays Africains annoncer leurs retraits de l’instance internationale. Une première dans son histoire.
Mais à l’heure où sonne ce divorce qui met à mal la politique de la plus haute instance pénale internationale permanente, c’est un sentiment d’euphorie qui semble gagner les pays africains dont certains de ses dirigeants ont été le plus ciblés dans des affaires de plaintes dont la CPI s’est positionnée.
L’Afrique, cible préférée de la CPI
Nombreux pays africains reprochent à cette instance qui a vu le jour au Traité de Romme de 1998, de concentrer essentiellement son énergie et ses enquêtes que sur l’Afrique. Et ce n’est pas l’observation quantitative qui le niera. Car nombreux dirigeants Africains ont été ciblés par des enquêtes de la Cour. On irait même jusqu’à croire qu’il n’y a qu’en Afrique où les crimes se perpétuent. Omar Al-Béchir, accusé de génocide et de crimes de guerre, Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président congolais, accusé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Uhuru Kenyatta, Président du Kenya dont les accusations de crimes contre l’humanité ont été abandonnées… pour ne citer qu’eux. En tout, neufs de dix enquêtes en cours, concernent des Africains. A l’exception de celle qui concerne la Géorgie – sur la guerre Géorgie-Russie de 2008. La Russie ne pouvant pas être poursuivie puisqu’elle fait partie des pays comme : les Etats-Unis, la Chine et Israël, qui n’ont ratifié le traité.
Sans remettre en cause les délits dont ils font l’objet, certains Africains dénoncent l’acharnement et la partialité juridiques. Déjà en février 2014 à Addis Abeba, l’Union Africaine (UA) a publié un texte encourageant les pays africains à quitter la CPI. Alors que certains abandons étaient dans l’air depuis un certain temps, nul doute que cette annonce de l’Afrique du Sud et du Burundi, incitera d’autres nations africaines à prendre la porte de l’instance juridique. Ce qui est vrai ce que des crimes contre l’humanité ont été commises, et mériteraient bien justice. Mais pas d’une justice à double vitesse. Une chose est sûre , la Côte d’Ivoire du président OUATTARA serait la dernière de tous les pays africains à se retirer, pour avoir expédié un opposant gênant dans la célèbre prison de la Haye.
Ainsi au moment même où nous bouclons ce papier, nous apprenons par le canal de la radio d’Africa n°1 que la Gambie de Yahya JAMMEH vient d’annoncer son retrait de la CPI. Selon les autorités gambienne, elles avaient recommandé au tribunal international d’enquêter sur les massacres commis en Europe et notamment sur le flot d’immigrants africains qui périt tous les jours dans le ventre de la méditerranée, mais cette institution a préféré faire la sourde oreille. Ironie de l’histoire, la procureure générale de CPI, madame FATOU Bensouda est originaire de la Gambie ?
Mbadakome
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